Mardi 29 juillet 2008
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« Un médecin c’est un médecin », « moi le remplaçant, j’en veux pas ! »,
« oh il est vraiment bien le remplaçant, c’est lui qui a trouvé ce qu’avait mon père », « j’aime bien avoir un deuxième avis, vous êtes plus jeune donc vous connaissez mieux les
traitements récents » etc. Avis contrastés : pour ou contre le remplaçant ? En dehors du côté subjectif (contact, qualité de la relation thérapeutique) et du côté objectif (qualité
des soins à proprement parler), je tenais à vous montrer les différences réelles qu’il existe entre votre médecin traitant et son remplaçant, vues par notre chère Sécurité Sociale, notre (très)
cher Conseil de l’Ordre et les organismes chargés de recouvrer les taxes (URSSAF, CARMF etc.) :
Par rapport au médecin traitant, le médecin remplaçant :
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- n’a pas le droit de prescrire en dehors des périodes de remplacement ; il ne peut donc
pas avoir son propre carnet d’ordonnances et ses propres feuilles de soins tant qu’il n’est pas installé
-
- ne peut pas être déclaré comme médecin traitant
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- ne touche qu’une partie des honoraires payés au médecin (entre 60 et 80% des honoraires).
Autrement dit lorsqu’un médecin est remplacé, son cher remplaçant lui paie ses charges et ses vacances, et il entretient sa clientèle !
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- ne reçoit aucune information de la Sécurité Sociale concernant notamment les mesures
sanitaires d’urgence, les épidémies etc. A titre d’exemple, lors de la panique autour de la grippe aviaire en 2007, chaque médecin recevait gratuitement un kit d’antiviraux, des masques et des
consignes sanitaires. En tant que remplaçant, je n’en ai jamais reçu malgré mes demandes répétées auprès de la Caisse d’Assurance maladie et du Conseil de l’Ordre. Pourtant dans ces cas
exceptionnels, tous les médecins sont réquisitionnés !
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- n’a pas le droit de s’installer dans une zone ou il a remplacé, et ce pendant deux
ans !
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- ne reçoit aucune information officielle sur les médicaments, contrairement aux médecins
installés de la part de l’AFSSAPS
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- ne peut pas participer aux « études » menées par les laboratoires
pharmaceutiques
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- n’est jamais contacté par les organismes dispensant la Formation Médicale Continue (FMC),
pourtant obligatoire
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- n’est jamais contacté par les organismes chargés de procéder à l’Évaluation des Pratiques
professionnelles (EPP), pourtant obligatoire
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- ne reçoit jamais personnellement les échantillons de médicament alors qu’il y a droit comme
tout médecin
Pourtant le médecin remplaçant :
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- a souvent fait plus d’études que le médecin qu’il remplace : les études de spécialiste en
médecine générale durent désormais 10 ans et nécessitent l’obtention du concours de l’internat. La plupart des médecins installés n’ont fait « que » 6 ou 7 ans d’études, sans avoir à
passer le concours de l’internat
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- est inscrit au Conseil de l’Ordre comme tout médecin exerçant, possède son numéro personnalisé
et a validé son Doctorat par une thèse. Il paie sa cotisation au Conseil de l’Ordre au même titre que tout médecin
-
- paie ses charges auprès de l’URSSAF et de la CARMF de la même façon que tout médecin, au
prorata de son chiffre d’affaire
-
- a les mêmes obligations de moyens en termes de soins, et les mêmes responsabilités devant la
loi et surtout devant le patient qu’il prend en charge
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- fait souvent le « sale boulot », en particulier les gardes de nuit et de week-ends
que les médecins titulaires ne veulent souvent plus assurer (alors que les gardes font partie de la continuité des soins qui est dans leur statut)
Le médecin remplaçant est donc vis-à-vis de la Sécu, du Conseil de l’Ordre et des autorités
sanitaires une sorte de médecin fantôme. Mais il ne l’est pas pour l’URSSAF, les impôts, la caisse de retraite et surtout les patients ! À quand une réhabilitation justifiée de ce
statut ? À quand la fin de l’hypocrisie de la part de confrères qui ont souvent été remplaçants avant de s’installer? Alors que des « thérapeutes » autoproclamés sans aucune
formation reconnue ont pignon sur rue (plaque dorée à l’appui) que ce soit en phyto-analyse, en naturopathie, en radiesthésie, en magnétothérapie et j’en passe et des meilleurs, un médecin –
parce qu’il est remplaçant – ne peut même pas avoir ses propres ordonnances !
Par Docteur Yes, blogologue
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Publié dans : Réflexions
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Si au moins, nous coupions à cette cochonnerie de comptabilité et des cotisations "allégées"
Ensuite on a moins de soucis administratif et compta que les installés (et les impayés CMU, TP ALD sont pour eux!)
On a souvent plus de liberté et de vacances...
Le seul point négatif est l'ancienne taxe professionnelle qu'on continue de payer alors qu'on n'a aucun local professionnel (c'est vraiment idiot!) et bien sûr qu'on ne recoit effectivement pas d'information sur les épidémies
me concernant je suis abonnée à l'HAS à l'actualité vidal et j'ai contacté les FMC et organismes d'EPP, je reçois donc leurs lettres et invitations désormais.....
JE ne me trouve pas vraiment moins bien lotie !